Président, secrétaire, trésorier… Prendre des responsabilités dans un club signifie parfois devoir apprendre énormément de choses en très peu de temps. La FFTT développe un dispositif de mentorat pour permettre aux nouveaux dirigeants de bénéficier de l’expérience de bénévoles plus expérimentés.
Prendre la présidence d’un club, devenir trésorier ou secrétaire paraît parfois assez simple vu de l’extérieur.
Dans la réalité, le nouveau dirigeant découvre rapidement une autre facette du bénévolat : règlements, finances, licences, responsabilités, gestion des bénévoles, relations avec les adhérents, organisation des compétitions… et une quantité assez impressionnante de petites questions auxquelles il faut parfois répondre seul.
La Fédération Française de Tennis de Table développe justement un dispositif destiné à mieux accompagner les dirigeants : le mentorat FFTT.
Le principe : permettre à un dirigeant de bénéficier de l’expérience d’un autre dirigeant plus expérimenté, formé pour assurer cette mission d’accompagnement.
L’objectif n’est donc pas d’ajouter une formation théorique supplémentaire, mais plutôt de créer une relation entre pairs.
Le mentor peut partager son expérience, aider à prendre du recul face à une difficulté et transmettre certaines bonnes pratiques acquises au fil des années.
Une problématique bien connue des clubs
Cette initiative touche à un sujet beaucoup plus large que le tennis de table : le renouvellement des bénévoles et des dirigeants associatifs.
Trouver quelqu’un prêt à donner quelques heures pour aider ponctuellement est déjà parfois compliqué. Trouver une personne prête à devenir président, secrétaire ou trésorier peut l’être encore davantage.
Et lorsqu’un bénévole accepte finalement de franchir le pas, encore faut-il lui donner les moyens de réussir.
« Tu verras, ce n’est pas très compliqué. »
Trop souvent dans le monde associatif, la transmission se résume encore à quelques dossiers, quelques mots de passe et cette petite phrase.
Quelques semaines plus tard, le nouveau dirigeant découvre que c’était peut-être légèrement optimiste.
Le mentorat peut justement permettre d’éviter une partie de cette solitude.
Transmettre plutôt que simplement remplacer
La FFTT semble d’ailleurs vouloir travailler plus largement sur cette question.
En parallèle du mentorat, la Fédération met désormais à disposition des clubs des fiches descriptives concernant différentes fonctions bénévoles.
L’objectif est notamment de mieux identifier les missions nécessaires au fonctionnement d’un club, les compétences mobilisées et les possibilités d’engagement.
Préparer la relève ne consiste donc pas uniquement à chercher quelqu’un lorsque le président ou le trésorier annonce son départ.
Cela suppose de transmettre progressivement les connaissances, d’expliquer le fonctionnement d’une association et d’accompagner les personnes qui acceptent de prendre des responsabilités.
Et en Auvergne-Rhône-Alpes ?
Le dispositif fédéral peut également ouvrir une réflexion à l’échelle régionale.
Notre territoire compte des dirigeants possédant parfois plusieurs dizaines d’années d’expérience associative.
Gestion d’un championnat, dossiers de subvention, organisation d’une compétition, recherche de partenaires, administration d’un club, gestion des bénévoles…
Cette expérience constitue une véritable ressource.
Créer davantage de passerelles entre ces bénévoles expérimentés et ceux qui prennent leurs premières responsabilités pourrait être particulièrement utile, notamment dans les petites structures où les dirigeants disposent de moins de personnes vers lesquelles se tourner.
Un dirigeant associatif ne devrait pas avoir besoin de tout apprendre seul.
Dans un sport qui repose encore très largement sur ses bénévoles, prendre soin de ceux qui acceptent des responsabilités est probablement aussi important que d’en recruter de nouveaux.
Et parfois, conserver un bénévole commence simplement par lui permettre de décrocher son téléphone et de trouver quelqu’un capable de lui dire :
« Oui, j’ai déjà connu ça. Voilà comment je m’en suis sorti. »
