Il y a les carrières que l’on résume avec un palmarès. Et puis il y a celles pour lesquelles les chiffres racontent seulement une partie de l’histoire. Olufunke Oshonaike appartient clairement à la seconde catégorie.

L’ITTF lui consacre un épisode de sa série Voices of ITTF Legends. La Nigériane est présentée comme une figure majeure de son pays et surtout comme la seule femme de l’histoire du tennis de table à avoir participé à sept Jeux olympiques consécutifs.

Tout commence dans une rue de Lagos

Son histoire avec le tennis de table débute pourtant très loin des Jeux olympiques.

Elle a neuf ou dix ans lorsqu’une table apparaît dans une rue de Lagos. Son frère aîné joue et la petite Olufunke veut simplement faire comme lui.

Elle commence par frapper la balle au sol avant de pouvoir jouer sur cette table où il fallait payer pour participer. Dans le Lagos des années 1980, voir une jeune fille jouer dans la rue attire cependant les regards. Certains passants doutent même de sa capacité à jouer.

Elle décide alors de transformer ces doutes en défi : elle parie avec eux qu’elle peut les battre.

Un entraîneur finit par remarquer la jeune joueuse et l’emmène dans une salle. La suite va largement dépasser cette rue de Lagos.

Championne nationale à seulement 16 ans

Oshonaike remporte son premier titre de championne du Nigeria à 16 ans.

Sa carrière lui permettra ensuite d’accumuler 25 titres nationaux, 11 médailles aux Jeux africains et trois titres continentaux.

Mais son parcours n’a rien d’une progression tranquille.

Jeune et réservée, elle raconte notamment avoir été régulièrement huée lorsqu’elle atteignait les finales. Elle quittait parfois la salle en pleurs sans comprendre ce qu’elle avait fait pour provoquer cette réaction.

Son père lui répétait simplement de ne pas s’en préoccuper et de rester concentrée. Petit à petit, elle apprend donc à jouer contre son adversaire… mais aussi contre la foule.

Sept Jeux olympiques

Sa première participation olympique intervient à Atlanta en 1996.

Elle enchaînera ensuite sept éditions consécutives. Selon l’ITTF, aucune autre femme dans l’histoire du tennis de table n’a réalisé cette performance. Elle est également devenue la première femme africaine, tous sports confondus, à atteindre sept participations olympiques.

7 JEUX OLYMPIQUES CONSÉCUTIFS

Une longévité exceptionnelle qui place son parcours bien au-delà du seul cadre du tennis de table nigérian.

La qualification pour la septième sera probablement la plus incroyable. Oshonaike subit une opération chirurgicale seulement trois jours avant le tournoi de qualification. Elle décide malgré tout de participer et parvient à décrocher cette septième aventure olympique.

Une histoire qui dépasse largement le palmarès

Ce portrait trouve finalement assez naturellement sa place dans le « … et au-delà ! » d’AURATT.

Parce que derrière les 25 titres nationaux et les sept Jeux olympiques, l’histoire d’Olufunke Oshonaike parle aussi de sport féminin, d’accès à la pratique, de persévérance et de modèles.

Une petite fille qui jouait dans une rue de Lagos alors que certains s’étonnaient simplement de voir une fille tenir une raquette est devenue l’une des figures les plus durables de l’histoire olympique du tennis de table.

Et quelque part, c’est peut-être encore plus impressionnant que les chiffres.

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